Perspectives professionnelles du design industriel

Le design industriel est souvent considéré comme une pratique dont l’ultime visée est de concevoir des produits. Qu’en est-il de toutes les pratiques périphériques qui contribuent à la richesse de la discipline ?

Marie-Hélène Héon & Annie Roy, designers entrepreneurs, Triangle

Une grande proportion des finissants en design industriel sont des femmes, alors qu’elles ne semblent pas représenter une aussi large proportion des praticiens actifs sur le marché du travail ? D’après vous, à quoi peut-on associer ce phénomène ?

Il y a une différence de visions sur le design industriel, est-ce que le design industriel n’est que le design de produit pur et dur qui est fait dans un bureau de design ou est-ce plus large que cela ? Qu’on le veuille ou non, le design évolue vers des avenues connexes, par exemple la  gestion et le marketing. Aussi, au sein d’un département de recherche et développement, la formation en design est importante pour pouvoir faire une bonne gestion, donc c’est aussi reconnaître que ces gens-là sont en design. Si on cherche toutes les personnes qui ont des formations en design et aussi des responsabilités connexes en design et bien peut-être que le pourcentage de femmes augmente un peu plus. Il y en a peut-être pas autant que l’on voudrait, mais il y en a certainement plus que l’on pense.

Jonathan Beaulieu, président, EDI

Entreprenariat & design sont-ils conciliables ? Si oui, à quel prix ?

Entreprenariat & design sont non seulement conciliables, mais selon nous (EDI – le regroupement des Entrepreneurs en Design Industriel) ils sont presque inséparables pour aller au bout de ses aspirations. Je m’explique.
À l’école, on nous éduque à penser par nous-mêmes, à voir grand, mais une fois salarier, beaucoup d’entre nous sont déçus des minces marges de manœuvre qui nous sont concédées. La pratique comme designer-entrepreneur, qu’on soit consultant ou designer-fabricant, permet bien plus de liberté. On peut prendre position face à ses clients et à son marché.
Évidemment, cette liberté a un prix. On apprend vite qu’en affaires, une opinion ne se défend pas, elle se vend. Vous avez raison lorsque les gens achètent. Et pour que les gens achètent, nos connaissances professionnelles seules ne suffisent pas. À partir d’ici, on passe de designer à entrepreneur avec d’autres sortes de contraintes. Mais ce qui nous distingue, en tant que tel, des autres types d’entrepreneurs, c’est qu’on met le design au cœur de notre stratégie d’affaires.

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3 réponses à “Perspectives professionnelles du design industriel

  1. Marianne-C. Mercier

    Si on me demandait quelles sont les perspectives professionnelles en design industriel en ce moment ici au Québec, je serais obligée de répondre qu’à l’heure actuelle elles me semblent se limiter à très peu de choix. D’une part aller travailler dans une agence reconnue sous la direction d’un designer sénior qui roule sa bosse depuis quelques dizaines d’année et qui bien sûr a sa propre vision et façon de faire. Ou encore se faire engager par une industrie manufacturière qui espère garder la tête hors de l’eau en misant sur «l’innovation».Il y a aussi les designers plus téméraires, ceux qui se construisent un carnet de clients, qui offrent leurs services comme designers-consultants et qui passent la majorité de leur temps à faire de la prospection. On compte aussi les designers qui ont la fibre entrepreneurialle, qui veulent réaliser leurs idées, coûte que coûte.
    À mon sens, toutes ces avenues sont bonnes. Seulement, certaines demandent beaucoup plus d’investissement personnel et de risques.
    Peu importe le chemin que nous prenons et les raisons qui nous poussent dans ces directions, je crois personnellement que ce dont nous avons besoin c’est de se regrouper, de s’entraider et de partager. C’est selon moi ce qui définira bientôt la “nouvelle pratique”. Fini le protectionnisme, le cloisonnement et les designers stars : nous sommes à l’heure du “Open Source” et des communautés actives, réfléchies et ouvertes.

  2. Katherine Routhier

    Je ne peux m’empêcher de me sentir interpelée par le fait que le type de pratique que je fais n’est pas incluse dans les perspectives d’avenir pour les designers. Je me permettrai d’ajouter une autre perspective intéressante qui est celle du marketing, de la mise en marché, etc… Bien sûr ce n’est pas du design de produit pur et dur tel qu’on nous l’enseigne, mais concevoir présentoir, visuel et outils de communication pour promouvoir la vente d’autres produits est aussi une autre forme de la pratique. Dans l’entreprise dans laquelle je travaille, qui n’est pas une entreprise manufacturière, nous sommes une équipe de 3 designers industriels. C’est quand même considérable. Des centaines de nos « produits » sont utilisés partout, tous les jours.

    La polivalence que nous amène notre formation est notre force. Il faut sortir des idées préconçues de LA CARRIÈRE de designer star qui fait des babioles à la Starck à laquelle nous nous attendons à notre sortie de l’université.

  3. Personnellement, je n’avais pas d’idées préconçues sur un « design star système » en sortant de l’université ! Dites-moi, même si je ne suis pas un adepte de ce dernier, peut-on réellement considérer que Stark ne fait que des « babioles » ?!

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